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Six départements, 250 communes, vingt cépages différents, 75.000 hectares, 8.000 exploitations, 110 coopératives, 400 millions de bouteilles commercialisées par an, plus d'un milliard d'euros de chiffre d'affaires... les chiffres de ce vaste vignoble laissent rêveur. Il faut dire que de Valence au nord à Nîmes au sud, la route est longue, mais si belle qu'on en oublie qu'on est ici dans le deuxième vignoble de France en importance. L'usage est de différencier deux sous-régions dans les Côtes du Rhône, celle du nord, qui comprend les appellations hautement qualitatives de Côtes Rôties, Hermitage ou Condrieu, et celles du sud, plus nombreuses, groupées autour de Chateauneuf-du-Pape, le vaisseau amiral de cette flotte qui navigue de Montelimar jusqu'au Lubéron et au Gard. Tout naturellement, un si vaste vignoble engendre une grande diversité de vins, qui sont à 90% rouges, mais produisent aussi de très bons blancs, des rosés de plus en plus demandés, des crémants et des vins doux naturels. Comme dans l'ensemble du midi viticole, les producteurs ont piloté depuis quinze ans un réel saut vers la qualité, grâce à quoi leurs vins ont gagné de grandes parts de marché, notamment en France. La raison en est simple. Exception faite de quelques stars, les prix de ces vins sont restés sages, et ces vignobles très anciens savent coller à leurs terroirs sans en masquer des vertus par des artifices aujourd'hui rejetés. Le véritable amateur apprécie de plus en plus la sincérité et l'authenticité du vin qu'il achète. Les Côtes du Rhône sont donc faites pour lui, sous réserve cependant de se donner la peine de trier dans une production si diverse que la qualité l'est forcément aussi.