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Provence, Vence, Vent... A lui tout seul ce mot est à la fois un ciel, une musique, un paysage. Le ciel est celui du midi, souvent bleu comme la mer toute proche, la musique est celle des cigales sans lesquelles ce pays ne serait pas ce qu'il est. Le paysage est fait de maquis, de collines, de rochers rouges tombant dans l'eau, de terrasses cultivées de vignes et d'oliviers appelées restanques. Et par-dessus tout cela, le vent souvent présent, qui chasse les nuages, nettoient les vignes et les débarrassent de leurs parasites, insectes et champignons. Dans un tel décor, comment imaginer que les vins ne soient pas bons ? Si l'on en croit les historiens, tout concorde à penser qu'on fait du vin en Provence depuis le sixième siècle avant Jésus Christ. Les Phocéens seraient les pionniers de cette culture, vite relayés par les Phéniciens, puis les Grecs et les Romains. Marseille, cité phocéenne, vit alors passer barriques et amphores dans son port. De là à penser que le César d'Italie y précéda celui de Pagnol. Le vignoble provençal s'étend sur 27.000 hectares, depuis le Rhône à l'ouest jusqu'à l'Italie à l'est. Avec de nombreuses sortes de terroirs, de cépages, de vins et de vignerons différents, tout se conjugue ici au pluriel. Blancs légers, rouges corsés, rosés d'été, l'amateur y fera son choix en même temps que son marché. On trouve à peu près de tout, à toutes les couleurs et à tous les prix. Mais là n'est pas le plus intéressant. Il est plutôt dans le saut qualitatif spectaculaire que ces vins ont fait au cours des dix dernières années. Les parfums de la garrigue, poussés par le mistral, sont entrés dans les chais. Grâce à quoi les cigales chantent jusque dans le verre. |
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